A journey in translation

La jeune génération est la première à patir de la récession économique

Les vagues récentes de protestation de la jeunesse dans différentes régions du monde et à tous les niveaux des couches sociales manifestent à la fois des attentes et des aspirations nouvelles qui demandent un changement profond du paradigme de fonctionnement de notre société et de nos entreprises. Il existe certes de nombreuses études sur les comportements de la nouvelle génération qui permettent d’identifier leurs attentes de la part de l’entreprise. Cependant, les moteurs de cette transformation ne sont pas uniquement générationnels, ils sont aussi conjoncturels et structurels.

Il est nécessaire de bien comprendre les différents contextes dans lesquels nous nous situons pour analyser les comportements des « jeunes » et ne pas concevoir le monde de la Gen Y comme uniforme. Il est très clair que les attentes des jeunes des sociétés en pleine croissance et en quête de développement sont différentes des jeunes des sociétés aux économies plus « matures ». De même, comment considérer au sein de l’Europe que des jeunes des Pays Bas ou d’Allemagne (où le chômage pour les moins de 25 est inférieur à 10%) ont des attentes identiques que les jeunes indignados espagnoles (pour qui le chômage des moins de 25 ans atteint 45%). Comment considérer que les jeunes français bénéficiant d’un système de retraite et de sécurité sociale sophistiqué aient les mêmes attentes que des jeunes indonésiens ou chinois dans les critères d’attractivité des entreprises. De même, est-ce que ces fameux comportements seraient uniformes à l’ensemble d’une génération, traversant pour la première fois les origines socio-éducatives?

 

Le premier constat concernant la jeunesse est le taux de chômage des moins de 25 ans. Les données de la banque mondiale, de l’OCDE et le BIT tendent à montrer que le chômage des jeunes est sensiblement plus élevé que celui de l’ensemble de la population. Pour la plupart des pays de l’OCDE ces chiffres se sont empirés avec la dernière récession (seuls l’Allemagne, l’Australie et les Pays Bas font mieux en 2010 qu’en 2005). Même si ce constat n’est pas nouveau la proportion est elle inquiétante tout comme la hausse de la durée du chomage pour les jeunes.   

Le second constat est l’augmentation du coût de la vie, que ce soit par un phénomène inflationniste général ou par une augmentation plus ciblée des matières premières alimentaires.

-      - Une inflation grandissante rendant les conditions de vie très compliquées selon les pays et accentuant la difficulté pour certaines classes sociales d’accéder à des besoins primaires. A titre d’exemple, l’inflation en Chine est au premier semestre 2011 de 5,3% (au plus haut depuis 3 ans), les prix de l’alimentaire sur cette même période ont grimpé de 12%. Dans un même temps, dans de nombreux pays émergeants comme dans la plupart des grandes villes des pays développés, le prix de l’immobilier est en croissance exponentielle. Cela complique l’accès au travail pour de nombreux jeunes qui ne peuvent pas se loger dans les villes où l’on trouve majoritairement du travail.

-      - L’accès à la nourriture devient une problématique pour tout une tranche de la population compte tenu du prix des matières premières alimentaires lié à l’augmentation de la demande mais aussi car certaines ressources naturelles sont en voie d’épuisement. Cette tendance n’est pas prête de s’arrêter, selon un rapport conjoint de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’OCDE, les prix des produits agricoles seront plus chers sur la période 2011-2020, tandis que la production agricole mondiale va augmenter de 1,7% par an en moyenne contre 2,6% au cours de la décennie précédente.

 

 C’est au confluent de ces 2 grandes tendances conjoncturelles que sont le chômage des jeunes et la difficulté d’accès à ces biens de première nécessité que se trouve l’origine des premières émeutes


  1. nicolasrolland posted this
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